Blog

 

Ce blog est dédié à la lecture et à l'écriture, que ce soit d'un paysage, d'un livre, d'une odeur...

Les brumes du Caire de Rosie Thomas, traduit par Marie-Axelle de La Rochefoucauld

Les brumes du Caire_c1Après le châle de Cachemire, je n’ai pu résister devant les brumes du Caire, la démarche de Rosie Thomas et sa narration alternée entre générations étant la même dans les 2 romans. J’ai toutefois préféré le châle de Cachemire pour lequel j’avais développé une véritable fascination.
J’ai aimé l’histoire d’Iris dans cette ville du Caire, malgré la guerre, mais je m’y sens bien moins attirée aujourd’hui avec cette grisaille et odeur de carburant à travers les déambulations de Ruby, en pleine crise d’adolescence – je n’ai pas trop accroché sur le personnage - et ce, malgré la présence des mythiques pyramides. L’escapade des amants des années 40 dans le désert m’a transportée alors que celle de la grand-mère et de sa petite fille m’a épuisée ! J’aurais aimé en savoir plus sur Iris dans l’exercice de sa profession de médecin. Sa maison au Caire, quant à elle, m’a moins envoutée que le châle de Cachemire.
L’excellente qualité de la traduction de Marie-Axelle de La Rochefoucauld reste d’actualité pour transmettre avec précision la belle écriture de Rosie Thomas dans l’alternance de ses personnages.

Cliquez sur l'image pour aller sur le site de l'éditeur

Dans la chaleur de l'été de Vanessa Lafaye - Ed. France Loisirs

Dans la chaleur de l ete 1Qu’attend-t-on pour mieux promouvoir cette fresque !
Sait-on en France, que des centaines de petites îles prolongent la Floride : les Keys ? Sait-on qu’au même titre que l’arc antillais, cet archipel peut subir des ouragans dévastateurs ? Sait-on qu’un bon nombre de soldats de nationalité américaine a été envoyé au front de14-18 en France ? Connait-on ce scandale concernant l’abandon de ces soldats à leur retour dans leur pays par le gouvernement américain  ? Sait-on que Katrina en Louisiane n’est pas le premier cas de mauvaise gestion de crise de la part de l’état américain au point de vue de l’anticipation des évènements mais également au point de vue d’une ségrégation primaire, raciale et sociale ?

Pour ma part, je ne savais pas tout cela. Et puis, j’ai retrouvé dans cette histoire ce que pouvait être la vie aux Antilles françaises dans l’entre-deux guerres, je suppose qu’elle ne devait pas être bien éloignée de celle des Keys ! Et la violence de cet ouragan décrite magistralement ! Bravo et merci à Vanessa Lafaye pour ce roman, le premier ! Un écrivain à suivre sans conteste.

Cliquez sur l'image pour aller sur le site de l'éditeur

Le secret de la manufacture de chausssettes inusables de Annie Barrows - Nil éditions

Cvt le secret de la manufacture de chaussettes inusabl 1640 1J’ai aimé le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, ce qui m’a encouragé à lire ce pavé de plus de 600 pages. Malgré une trop grande lenteur dans la progression de l’histoire (à l’instar de la moiteur de cet été 1938), j’ai également aimé ce livre au titre en français non moins farfelu ayant peu de rapport avec l’intrigue. J’ai aimé la singularité des 3 narratrices. J’ai aimé Willa, petite fille espiègle, tantôt marrante, tantôt touchante. Jottie, cruellement atteinte dans sa jeunesse mais maman si dévouée pour ses nièces. Layla, riche citadine qui au fil des jours et de ses écrits - lettres et écriture d'un livre historique - va évoluer et savoir s’imposer dans une vie provinciale. J’ai aimé que ce secret tourne autour de liens indéfectibles de l’enfance et de l’adolescence.

Sur la forme, j’ai pu retrouver par moments mes favoris échanges épistolaires (entre Layla et sa famille). En revanche, je me suis parfois perdue dans le dédale des personnages de cette ville dont l’histoire est peu intéressante (celle de l'époque de la Grande Dépression, l'est plus, via le Federal Writer's Project).

Cliquez sur l'image pour aller sur le site de l'éditeur

La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel - Ed. Stock

9782234057746 t 0 1Pas besoin de connaître le pays que quitte Monsieur Linh (Vietnam, Chine ?) ni celui où il se réfugie (France, États-Unis ?) pour ressentir toutes les émotions qu’appellent la guerre, l’immigration, l’isolement, le vieillissement, l’internement ou la filiation…

Malgré l’absence de dialogue (Monsieur Linh ne parle pas la langue de son pays d’accueil), une rédaction au présent et une utilisation tout en finesse de mots simples rendent le récit fort et vivant, les situations et les lieux, bien réels. Lorsque Monsieur Linh câline et protège sa petite fille, j’ai senti l’odeur du bébé et de l’Asie. Lorsqu’il se lie d’amitié avec Monsieur Bark, j’ai inspiré des bouffées de tabac mentholé dans un Occident fade et sans saveur ! La fin est magistrale.

Cliquez sur l'image pour aller sur le site de l'éditeur

Un homme à distance de Katherine Pancol - Ed. Albin Michel

9782226131379m 1Après les hypokhâgne et  khâgne de Jean-Philippe Blondel qui m’ont émue, me voici revenue à l’épistolaire qui m’a bouleversée !
Je n’aime pas faire les courses d’alimentation ; alors pour égayer un peu ce moment-là, je m’attarde de temps en temps au rayon des livres situé dès l’entrée du supermarché. Dans la partie « Livres de poche » on y trouve quelques petits paquets classés par auteur contemporain.  Il y a bien le paquet « Eric-Emmanuel Schmitt » mais je les ai déjà tous lus. Quant au paquet « Katherine Pancol » avec ses crocodiles, ses tortues et ses écureuils, il ne m’a jamais réellement attirée, allez savoir pourquoi, peut-être à cause des titres, du graphisme des couvertures, du nombre de pages prohibitif si la lecture ne me plait pas ? Et puis, il y a ce petit solitaire à 3 francs, 6 sous, tout en haut du présentoir : un livre à distance qui n’attend que moi.
Des lettres, en tout 150 pages, une librairie, des livres : je ne prends pas grand risque ! Et sans le savoir, je me réserve 3 petites heures de pur bonheur qui vont me prendre aux tripes ! Tout commence avec les livres que Kay et Jonathan aiment et dont la liste figure en fin d’ouvrage comme un lexique. Ça continue avec l’authentique métier de libraire et l’investissement qu’il demande à Kay ainsi qu’avec le travail commercial de Jonathan dans l’écriture de guides touristiques. Et ça finit par l’explosion de cette histoire d’amour atypique cachée à travers les lignes. Comment oserais-je dire maintenant que Katherine Pancol ne gagne pas à être lue ?

Cliquez sur l'image pour aller sur le site de l'éditeur

Un hiver à Paris de Jean-Philippe Blondel - Ed. Buchet-Chastel

9782283026946 b7615 1Ce livre m’a été offert pour mon anniversaire par mon amie d’enfance sur les conseils d’une de ses amies. Je ne connaissais pas Jean-Philippe Blondel, ce fut pour moi une belle découverte. Tout l’intérêt de ce roman est de montrer qu’après tout un cheminement, l’écriture de Victor à partir de sa région natale s’avère un choix salvateur pour construire sa vie après 2 années de souffrance et de faux semblant passées dans la capitale. Chargée de sentiments, d’imaginaire et de poésie, cette écriture-là (autobiographique, semble-t-il) m’a touchée et m’a transportée presque d’un seul trait dans la démarche littéraire de l’écrivain. Et pour être tout-à-fait honnête, j’ai revu à ce moment-là Romain Duris claquer la porte du ministère de l’Auberge Espagnole pour courir vers son besoin irrépressible d’écrire.

Mais dans le même ordre d’idées  – celui de l’enfer des classes de prépa qui peut conduire au suicide -  je n’ai pu m’éviter la comparaison avec « N’oubliez pas de vivre », premier roman de Thibaut de Saint Pol - 22 ans en 2004 -, chartripontain de naissance (de Jouars-Pontchartrain). Un hiver à Paris m’a émue, n’oubliez pas de vivre m’a indisposée. Comparaison des 2 livres : classes-prepa.pdf

Cliquez sur l'image pour aller sur le site de l'éditeur

Entre mes mains le bonheur se faufile d'Agnès Martin-Lugand - Ed. Michel Lafon

Entre mes mains le bonheur se faufile poster 1Je n’avais pas encore lu du Martin-Lugand. Séduite par les mots comme : faufile, drapés, couture, machine à coudre ou encore de fil en aiguille, je m’imaginais en lisant m’entourer de toutes les ficelles du métier de couturière. Je suis un peu déçue d’avoir pénétré ici le monde subversif de la mode dominé par le faste et l’argent sans qu’il m’entraine sur les ressorts de la couture. J’ai ressenti le même type de frustration à la sortie du film YSL de Jalil Lespert qui insiste bien plus sur les scènes de débauche que sur celles de la créativité du styliste. Je m’abstiendrai de donner un avis sur le 2ème film YSL de Bertrand Bonello, ne l’ayant pas vu !
Pour revenir à Agnès Martin-Lugand, sa lecture est néanmoins aisée.

Cliquez sur l'image pour aller sur le site de l'éditeur

L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes de Karine Lambert - Ed. Michel Lafon

L immeuble des femmes qui ont renonce aux hommes poster 1J’ai découvert avec beaucoup d’enthousiasme en novembre 2014 la BD « Fenêtres sur rue » de Pascal Rabaté. La couverture du livre de Karine Lambert m’a de suite rappelé cette BD qui pénètre dans l’intimité d'appartements.
Le lecteur devient progressivement locataire de l’immeuble parmi les 5 héroïnes du roman et finit par s’inviter au dîner du dimanche soir chez La Reine !
4 passés de femmes à la fois romantiques, douloureux, tristes et drôles et 1 intruse qui remet
en question les règles de vie établies dans l’immeuble. 1 chat, seul homme de la maison qui attire toutes les attentions de ces femmes. Une critique sans concession des sites de rencontres virtuels.
Une écriture rythmée et pleine de poésie. Un petit bijou, tant dans l’histoire que dans le style.

Cliquez sur l'image pour aller sur le site de l'éditeur

Je voyage seule de Samuel Bjork - France Loisirs

Je voyage seule 1Meurtres en série de petites filles en Norvège. Le titre et la couverture sont prometteurs.
Un thriller complexe de par le nombre de protagonistes et simple à la fois de par le mobile. Le suspense est bien entretenu mais la fin est un peu décevante après 600 pages de pérégrinations et de coïncidences un peu faciles.
L’écriture est directe et percutante. Rien d’original dans la forme et la mise en pages.

Cliquez sur l'image pour aller sur le site de l'éditeur

 

 

Le régal des yeux chez cuisine attitude (Cyril Lignac)

Cuisine attitude 6
Oignon ciselé, oignon émincé,
Pétales de pensée
Poivrons en julienne,
Quinoa en taboulé,
Sucrine effeuillée,
Tomate ciselée, tomate mondée en lanières,


Carottes pelées aux stigmates de safran,
Courgettes en quartiers biaisés,
Frisée de betteraves,
Filets de rascasse désarêtés,


Base de nougatine,
Gouttelettes de vanille,
Mousse de citron en boules,
Toit de chocolat blanc

                                                Cuisine attitude