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Ce blog est dédié à la lecture et à l'écriture, que ce soit d'un paysage, d'un livre, d'une odeur...

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles de Suzanne Hayes et Loretta Nyhan - Ed. Belfond

9782714454157 1Plus je lis de romans épistolaires, plus je les apprécie ! J’ai d’autant mieux apprécié celui-ci que la rencontre des 2 héroïnes du livre à travers leur correspondance découle directement de la rencontre des 2 auteures à travers les billets de leur blog ! J’aimerais tellement pouvoir reproduire ce type de schéma dans l’écriture !

Les lettres de Glory et de Rita sont une compilation de sensibilité et de courage : une leçon de vie, en somme ! Le rationnement, la participation à l’effort de guerre en 39-45, l’attente et les doutes, l’angoisse des télégrammes, tout va sceller une amitié indéfectible entre ces 2 femmes de milieux et d’âge différents à des milliers de kilomètres aux États-Unis. C’est beau, on rit, on goûte, on pleure, on continue à vivre malgré l’horrible guerre et j’ai forcément pensé à mes parents …

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13, rue Thérèse de Elena Mauli Shapiro - Ed. Michel Lafon

13 rue therese poster 1Attirée par les première et quatrième de couverture « épistolaires », ce livre est entré dans ma bibliothèque dès sa sortie en 2012.  Ma première lecture ne m’a pas déplue mais ne m’a pas pour autant  transcendée ! Puis, ayant besoin de faire un peu de place, 13 rue Thérèse  est à nouveau tombé entre mes mains 3 ans plus tard et je l’ai cette fois dévoré.
Est-ce parce que je venais de travailler également à l’aide d’une boîte à souvenirs, celle de mes parents, pour réaliser ma dernière trilogie ? Probablement que les mêmes  photos et lettres jaunies ainsi que les mêmes gants crochetés m’ont interpellée. Mais Trévor nous embarque dans un tel dédale de blessures de la guerre de 14-18 et de désir charnel que l’on finit pas ne plus savoir qui est qui : l’inattendu nous saisit à chaque détour d’une écriture belle, poétique et percutante à la fois.
Pour finir, l’insertion dans le texte des objets trouvés dans la boîte est un bonheur !

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La mémoire assassine de Simone van der Vlugt - Ed. Presses de la Cité

9782258077348 1Ce livre est arrivé entre mes mains un peu par hasard. Pour son premier thriller, elle fait fort !
Un décor de polder à couper le souffle, des trajets à l’aide de la traditionnelle bicyclette ou du tram, des champs de fleurs : nous sommes bien aux Pays-Bas, au Helder, même si la vie citadine de Sabine  peut se dérouler dans n’importe quelle métropole. Bien au-delà du fonctionnement de sa mémoire sélective, c’est le harcèlement en milieu scolaire et sur le lieu du travail, avec ses conséquences désastreuses sur la victime, qui est largement abordé ici au travers des personnages.  Personnages que l’on soupçonne un à un au fil de la lecture dans la quête de Sabine pour chercher la cause de la disparition de son amie d’enfance jusqu’au dénouement final auquel nous avons bien du mal à croire ! Histoire rondement menée.

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13 à table - Ed. Pocket

9782266254052 1Voici 13 délicieux mets livrés aux invités des Restaurants du Cœur.
Inévitable rapprochement avec le concours annuel du réseau Au fil des pages autour d’un thème précis.  Le troisième prix du jury unipersonnel est attribué à Gilles Legardinier pour Mange le dessert d’abord pleine d’humanité et d’humour, le deuxième prix est attribué à Agnès Ledig pour Un petit morceau de pain pleine de drôlerie et de joie de vivre et enfin le premier prix est attribué à Éric-Emmanuel Schmitt pour la touchante Part de Reine qui m’a atteinte au plus profond de moi-même et qui est complètement dans le thème.
Marc Levy et Guillaume Musso, très différents,  ne démentent pas leur talent en cuisine moderne que je classerai à grand regret hors concours, ne respectant pas la consigne d’écriture !
Pour tous les fanas du concours de nouvelles du réseau : à lire impérativement ! Et surtout à acheter au profit des Restos du Coeur !!!

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Mots créoles et senteurs antillaises

Vieux habitantsVoyage au pays des mots créoles et des sens : choix de couleurs vives, matières sucrées, sablées, odorantes qui me permettent d'être à nouveau là-bas.

Technique utilisée :

- photographies surexposées et imprimées en noir et blanc

- coloriage aux feutres parfumés

- collage des photos et d'éléments collectés sur place.

L'image ci-contre est une reproduction de street art à Vieux Habitants signé : M'Biabany, Azer, Niggets, Momo, 4KG, P&C2007.

Trois secondes de trop de Rachel Joyce - XO. Editions

Deux secondes de trop joyce 1Par un été de 1972, un jeune garçon, Byron, se jette sur sa mère au volant de sa Jaguar lorsqu'il voit que sa montre recule de 2 secondes. L'accident entraine la décadence progressive de la vie de Diana.
Première remarque : je ne me souvenais pas que l’on ajoute 2 secondes à notre temps régulièrement depuis 1972 et j’ai été ravie de l’apprendre !J’ai tellement aimé le 1er roman de Rachel Joyce que je n’ai pas hésité à tenter le 2ème.
Malgré quelques longueurs, je n’ai pas lâché la lecture, preuve que j’avais très envie de connaître ce qui allait se passer, surtout dans l’alternance entre Byron et Jim. La préservation des apparences, la culpabilité et la névrose sont au cœur des descriptions exceptionnelles que fait Rachel Joyce de la lande et de la société anglaise des années 70. L’amour filial et l’amitié y sont également superbement exprimés. Tous les ressorts du bon roman sont utilisés : mystère, décor, sentiment…

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L'instant présent de Guillaume Musso - XO Editions

Cv l instant present gmusso 665x1024 1Pas facile de vivre le moment présent lorsque le temps nous est compté ! Comme d’habitude, on ne lâche pas cette histoire incroyable composée de voyages aller-retour entre conscient et inconscient, entre réel et irréel ! Mais pendant que le cadencement des 4 premières parties frise la perfection, la 5ème arrive d’un bloc avec l’utilisation à mon avis, maladroite, d’une revue de presse. C’est dommage de suivre assidument tous les méandres de cette histoire pour au bout du compte, atteindre une chute dans une réalité dont je ne vois pas comment on peut se relever alors que les 2 personnages principaux, eux, prennent un nouveau départ. En clair, je n’ai pas aimé cette dernière partie. En revanche, j’ai beaucoup aimé le décor du phare, la transmission intergénérationnelle et la revue des faits marquants de ces 25 dernières années avec entre autre, l'explosion technologique. Mais dans le registre écriture surnaturelle de Musso «  La fille de papier » reste toutefois bien supérieure.

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Au plaisir d'aimer de Janine Boissard - Ed. Flammarion

41y8nnvsd1l3 soeurs héritent du château familial à la mort de leur père et se donnent pour objectif de poursuivre son œuvre: celle d’accueillir en ce lieu de jeunes artistes-peintres. Pour sauver le château, elles décident d’ouvrir les portes aux dames bourgeoises de la ville de Poitiers afin que celles-ci posent pour les artistes.

Habituellement fan de Janine Boissard, me voici avec un avis mitigé.
Je ne sais pas pourquoi mais j’ai eu des difficultés à rentrer dans le livre et notamment à retenir les noms et les traits de caractère des très nombreux personnages, trop peut-être ? D’autant qu’il ne se dégage pas de réel personnage principal à moins que ce ne soit le libertinage qui s’y instaure progressivement ?
Il ne se passe pas grand-chose d’exceptionnel dans ces quelques 300 pages, toutefois bien écrites. L’amour et le sexe, au centre du livre, sont toujours décrits avec beaucoup de délicatesse et de poésie par l’auteur.
Sur la forme, je suis une adepte du cadencement donné par la succession de chapitres courts (3 à 4 pages maxi).

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Ombres chinoises de Lisa See (suite de Filles de Shangaï) - Ed. Flammarion

Voici ce que j’avais écrit sur le site du réseau Au fil des pages 78 à propos des « Filles de Shangaï » : une histoire d’amour et de rivalité entre 2 sœurs chinoises, d’abord à Shanghaï entre tradition du culte des ancêtres et modernité du quartier occidental, le tout sous l’invasion japonaise, ensuite à Chinatown de Los Angeles entre capitalisme et racisme, le tout sous la menace de l’extradition et la montée du communisme en Asie. Un cocktail détonnant d’oppositions de mœurs et de culture !

9782081276451 cm 1« Ombres chinoises »  en constitue la suite mais peut être lu sans avoir pris connaissance du 1er volume malgré, à mon avis, la non perception des subtilités qui relient les personnages. Joy, la fille de 19 ans de Perle et de May peut paraître inconsciente de s’enfuir en Chine mais c’est vital après ce qu’elle vient d’apprendre sur ses origines. Et là, le lecteur découvre toute l’horreur et les conséquences humaines désastreuses de l’embrigadement et de la propagande du nouveau régime chinois. Perle part également en Chine pour retrouver sa fille. Le Grand Bond en Avant de Mao est alors décrit de 2 points de vue, celui de la mère en ville et celui de la fille à la campagne. Le père biologique de Joy oscille entre 2 en temps qu’artiste réquisitionné par le régime. Ainsi, le roman sentimental qui unit les personnages fait place au roman historique qui met en exergue l’instinct de survie. Je n’ai jamais tant appris sur l’histoire récente de la Chine !

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"Toute la vie" de Jean-Jacques Goldman

Je suis de la génération de J.J. Goldman, enfin… j’ai 6 ans de moins mais pour moi, c’est tout comme ! J’ai 30 ans en 1987, JJG, en a 36, nous avons toute la vie devant nous et je vais le voir au Zénith à Paris.

Alors cette vie,  est-elle réactionnaire ou paternaliste ? À mon avis, ni l’une ni l’autre : je n’ai noté dans les paroles ni conservatisme, ni velléité de rendre les jeunes dépendants des adultes. En revanche, j’ai relevé des inexactitudes.

Sur la forme : le clip

Ce qui me paraît plutôt critiquable c’est la mise en scène qui simule l’affrontement entre générations : un face à face dans lequel on n’hésite pas à se montrer du doigt !

Malgré un contexte très différent, cela me fait un peu penser à West Side Story !

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Sur le contenu : les paroles

Côté adultes : « Tout ce qu’on a, on l’a gagné, on ne l’a pas volé ». Certes, on ne l’a pas volé mais n’oublions pas que nos parents et grands-parents se sont battus pour nous l’offrir, les jeunes n’étaient d’ailleurs pas seuls dans les rues en mai 68 !

Côté jeunes : vous aviez tout, liberté, paix, plein emploi. Nous, c'est chômage, violence, sida"...
- Liberté / sida : rappelons qu’en France la contraception orale n’est légalisée qu’en 1967 (JJG a 16 ans), l’IVG qu’en 1975 après bien des oppositions (JJG a 24 ans) et que le sida nous contamine sans prévenir dès la fin des années 70. Je ne vois pas très bien en quoi notre génération aurait été plus favorisée.
- Paix / violence : dans les années 70 à 90, attentats en Corse et au pays basque. Dès 1980, attentat antisémite rue Copernic et en 1982 celui de la rue des Rosiers à Paris. 1986 : le nuage de Tchernobyl nous atteint. 1990 : guerre du Golfe. Et ne parlons pas de la guerre des gangs à Marseille ou ailleurs qui existe déjà.

- Plein emploi / chômage : n’oublions pas que les 30 glorieuses (période de plein emploi) vont jusqu’en 1973. Dès lors, les  chocs pétroliers se succèdent, accompagnés de récession économique. Dans les années 80, intérim et CDD sont adulés des employeurs. Le marché du travail n’est pas si rose qu'on pourrait le croire, à cette époque !!!

En résumé, je pense qu’il est maladroit d’opposer jeunes et adultes sur des points de société qui certes se dégradent à l'heure actuelle mais qui existent depuis fort longtemps. C’est d’autant plus maladroit pour défendre la cause des Restos du cœur qui demande une solidarité sans faille.

Sur la mélodie

Certains disent qu’il s’agit d’une cacophonie. Pour le coup, là je ne suis absolument pas d’accord et je dirais même qu’on y retrouve bien l’esprit habituel de la cause défendue.

Pour rattraper en partie les conséquences de la maladresse

Je propose que la mise en scène du clip soit revue en fusionnant les 2 groupes jeunes et adultes. Le message "Bougez-vous" passera d'autant mieux. Nous passerons alors dans les nuances "Entre gris clair et gris foncé" comme JJ. Goldman nous l'a si bien écrit !

 

Pour terminer, retenons que la mobilisation des Enfoirés est unique au monde et que JJ. Goldman en reste le pilier sans qui, rien ne se ferait !