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Ce blog est dédié à la lecture et à l'écriture, que ce soit d'un paysage, d'un livre, d'une odeur...

Elle et Lui de Marc Levy : style léger ? Oui, mais...

9782221157831 1J’ai lu tous les livres de Marc Levy ; à l’exception des « Enfants de la liberté ». J’apprécie particulièrement l'auteur pour l’originalité de ses histoires qui me font facilement rêver.  
Le début d’Elle & lui m’a toutefois laissé un arrière-goût de déjà lu et vu ; ce pour deux raisons : d’une part l’intervention des personnages principaux du premier livre « Et si c’était vrai ?» et d’autre part l’utilisation en toile de fond d’un site de rencontres. La fin, quant à elle, m’a paru trop précipitée…
Mais le corps de l’histoire m’a offert plein de surprises qui sont loin de m’avoir laissée indifférente : de la promenade sur le toit de l’Opéra à la dénonciation de la dictature coréenne en passant par, et ce ne sont pas des moindres, les états d’âme qu’amène l’écriture, en l’occurrence ceux de l’auteur même.
Ce dernier rend ainsi hommage au métier de traducteur faisant le succès ou pas d’un livre à l’international. Et puis, le lecteur apprendra, sous l’angle de la comédie, la gymnastique qui consiste à écrire une nouvelle histoire à partir d’un vécu déplacé de son contexte réel.  Marc  Lévy nous dévoile également un de ses secrets d’écrivain : comment parler de soi à travers un personnage. On remarquera aussi, à ce stade de la réflexion que dans ses livres, Marc Lévy aborde, mine de rien, des thèmes sérieux tels que le coma, le mystère de la vie et de la mort, ou ici, la dictature… Bref, sous leurs airs légers tant dans leur contenu que dans leur style, chaque livre devrait interpeller le lecteur sur bien des sujets.
Du point de vue de la mise en page, j’ai apprécié les cadres que l’éditeur a réservés  aux SMS.

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L'orpheline de Saint-Aubin d'Isabelle Chavy - Ed. Nouvelles Plumes

L orpheline de saint aubin 1D'un point de vue historique :
On ressent  les blessures laissées par la 1ère guerre mondiale, notamment le nombre insuffisant d’hommes dans le village. En revanche, l’arrivée de la seconde guerre mondiale est à peine effleurée.
D'un point de vue du personnage principal :
Pauline est très attachante. Ecorchée par la vie, elle sait s’adapter et apprécier les petits bonheurs qu’elle saisit au quotidien. Rêveuse et romantique - de par ses lectures – elle passe néanmoins à côté de l’Amour, figée dans son perpétuel espoir de rencontrer le prince charmant.
D'un point de vue des lieux :
Le village et les paysages sont assez bien décrits, les intérieurs un peu moins, notamment l’aménagement que Pauline fera de sa chambre aux Eglantiers. Le passage sur la vie d’étudiante à Dijon m’a un peu étonnée - fréquentation de cafés, tabac, circulation automobile – était-ce vraiment comme cela dans les années 30 ?
D'un point de vue général :
Ce livre est une tranche de vie de l’entre-deux guerres dans la campagne bourguignonne, au sein duquel il ne se passe rien d’extraordinaire mais bien écrit. On se laisse emmener sans difficultés dans cette vie simple et attachante. Une lectrice belge dira qu’il est dans la lignée d’un Pagnol…

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Colorier son jardin aux feutres parfumés*

Livre ouvert sur mon jardin secret (*Stabilo Trio Frutti)                                 

Jardin

Dans mon jardin aux délices
Au noir fusain de réglisse
Un dessin combat le stress
Un levain d’allégresse

Envolés, gris et vanille
Bleu foncé à la myrtille
Bienvenue au rouge de braise
Cœurs et boutons à la fraise

Vert pomme des feuilles et fougères
Ananas, kiwi, en lierre
Bois d’amande et de cannelle
Orange et mangue s’emmêlent

Bleuets, essences au menthol
Citron, zest de tournesols
Encre violette au cassis
Framboises en grappes rosies

Je vous présente mon herbier
Des fleurs et fruits par millier
Couleurs et senteurs complices
Dans mon jardin aux délices

L'histoire indicible de la création de 3 parfums

Flacons 1

Créations d'Emérance Bétis

Mon Noël 2014 a eu lieu le 16 décembre en laboratoire à l’ISIPCA – École des parfums – proche de l’osmothèque de Versailles lors d’un atelier d’une journée complète sur le thème « Concevoir son parfum ». L’objectif que je poursuivais étant de recréer l’odeur des  Foins Sauvages de 1973 au col des Saisies : un véritable défi ! Dès la fin de matinée, j’identifiai mes matières premières de fond : foin, patchouli et coumarine ; de tête : bergamote et orange ; de cœur : dew fruit.

Durant la pause déjeuner, je fixai l’appellation de mon futur parfum : « Pâtures », évocatrices des prairies alpestres.

Puis l’après-midi, j’entamai une série de 4 pesées à partir de la base pour femme « Floral frais » préparée par Katell Plisson, notre formatrice, ainsi que « Foins absolus » qu’elle pesa spécifiquement pour moi. Me vint ensuite l’idée d’ajouter une note de fond de la famille animale « Castoreum Res » pour évoquer le cuir de selles équestres ou de bottes de motard.  Mais avec  5% de Castoreum,  ma première olfaction m’apparut instantanément nauséabonde !

Pour ma deuxième pesée, je supprimai  le Castoreum et la Coumarine et ajoutai du « Cèdre Texas HE » ainsi que du romarin afin de renforcer la note de tête : belle senteur plus florale et plus fruitée mais non cuirée alors que je revenais sur la touche de ma première pesée, plus représentative de mon brief et dont l’odeur devint plus agréable au fil du temps qui s’écoula.

Pour ma troisième pesée, je repris donc ma première formulation  en abaissant le Castoreum à 1% tout en augmentant légèrement les autres matières à l’exception des Foins que je laissai à 30 % et de la Base, à 10 %. Le résultat m’apparut plus acceptable à la première olfaction mais un peu éloigné des Foins Sauvages.

Vint alors le moment de reproduire notre meilleure pesée pour la mettre en vaporisateur. Malheureusement, il ne me restait plus que 10% de Foins absolus… J’augmentai alors la Base à 23 %, le Patchouli et la Coumarine, passai le Castoreum à 1,5 % et ajoutai du Galaxolide, suggestion de Katell. Beau résultat cuiré évoquant l’équidé mais  demeurant toutefois  éloigné des Foins Sauvages… Sur la route du retour, réflexion avec mon amie sur le nom à donner à cette nouvelle essence : Cabrure.

Arrivée chez moi, je ne résistai pas à mixer mes première et troisième pesées et à laisser reposer le mélange pendant la nuit. Au réveil, une grande joie m’envahit lorsque je humai le bouchon : les Foins Sauvages ressuscitèrent subitement ! Les variations du centre équestre face à la chaîne des Aravis étaient là : fleurs, foins coupés, moisissure, cuir. Le tout se nommera « Insoumise » pour m’être montrée indisciplinée en mélangeant deux pesées, contrairement aux règles de l’art. Après l’insoumission, la jument se cabra (ma dernière pesée se nommera « Cabrure ») avant de se laisser saisir au lasso et de nommer ma deuxième pesée, plus fleurie, « Capture ».

"Pâtures" se sont ainsi transformées et déclinées en : "Insoumise, Cabrure* et Capture" : richesses de la langue française...
* A noter que le mot cabrure n'existe pas mais qu'il sonne bien à l'action qu'il veut traduire !

L'autre rive du Bosphore de Theresa Révay - Ed. Belfond

9782714454829 1De la même trempe que le Châle de Cachemire de Rosie Thomas sur l’Inde, l’autre rive du Bosphore m’a fait découvrir sur un fond romanesque tout un pan de l’histoire de la Turquie du début du XXème siècle que je ne connaissais pas. La lecture commence tranquillement pour s’imprégner des lieux majestueux et des ambiances épicées, s’accélère progressivement avec quelques faits politiques et se termine par une explosion de révolte conduisant à l’indépendance du pays. Istanbul étant à l’époque cosmopolite, les personnages turc, grec, anglais, français, russe et allemand y cohabitent plus ou moins harmonieusement. Mais au-delà de leur différence, c’est la tradition orientale et la modernité occidentale qui s’affrontent ici pour finalement mener son héroïne musulmane vers la liberté mais malheureusement après la perte des êtres qui lui sont les plus chers. Theresa Révay dresse en Leyla un magnifique portrait de femme sensuelle, intelligente et dévouée.
L’ensemble richement documenté se lit bien malgré l'utililisation de quelques mots  locaux. Petit conseil : prendre connaissance avant lecture du glossaire situé à la fin, ce qui évitera de s’interrompre notamment en début d’ouvrage !

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Aux sources du vent de Frédéric Jeorge - Ed. Nouvelles plumes

Couv96 1Malgré le déroulement inattendu de cette histoire au Vietnam, je suis un peu déçue. Les lieux sont magnifiquement décrits mais souvent de manière trop longue au détriment des subits rebondissements  dans l’action. L’incursion du genre fantastique dans le récit à tendance historique m’a plutôt déstabilisé, au point de me demander si la cité décrite existe. Alors que toute la lutte de l’héroïne tourne autour de la sauvegarde d'une concession d'opium, la fin reste floue à ce sujet pendant que l’amour à peine effleuré dans les pages précédentes prend ici toute son importance. L’écriture est belle.

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Protection des batraciens

En vue de la protection de la migration des crapauds lors de la ponte

Crapaud

Proposition d'animation sur les chouettes dans les écoles

Mon beau-frère, passionné de nature, travaille avec le Parc de Chevreuse. Il m'a demandé de composer un conte pour accompagner une animation sur les chouettes. Lien sur Bonnelles Nature.
Chouette

 

Que se passe-t-il à l’hôpital des Clochettes ?

HULOTTE  : Bonjour… Ou plutôt… bonsoir, puisqu’il fait nuit ! Je m’appelle Hulotte et mon bec est cassé.

ATHENA : Bonsoir… Je m’appelle Athena, je suis toute petite et également blessée : c’est une de mes griffes qui est cassée.

EFFRAIE : Bonsoir… Je m’appelle Effraie. Je suis une dame blanche et une chouette infirmière à l’hôpital des Clochettes. Bien que je leur fasse peur avec mes coupe-ongles et mes limes, je suis quand-même gentille avec mes malades. Mais j'aimerais que le docteur soit plus souvent là parce qu’il ne faudrait pas que le bec d’Hulotte et lla griffe d’Athena repoussent trop droit ! Car, voyez-vous les enfants, si les becs et les serres des rapaces sont crochus, c’est pour pouvoir serrer leurs proies.

HIBOU : Hou, Hou… C’est moi, le Docteur Hibou. Je suis énervé et ça se voit car, voyez-vous,  mes aigrettes sont toutes raides sur ma tête. Bah oui, si je suis énervé c’est parce qu’Effraie me reproche de ne pas être au chevet de mes malades. Mais c’est que, moi, je dois aller chasser à leur place pour les soigner ! Pour ça, je me sers de ma grosse tête qui peut faire ¾ de tour, de mes yeux qui regardent tout droit devant moi en vol et de mes oreilles qui se trouvent sous les plumes de mes joues pour repérer les cris des souris que je suis seul à pouvoir entendre !

Hopital clochettes

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Dans la peau de Meryl Streep de Mia March - Ed. Presses de la Cité

9782258099913 1Comme l’auteur de ce livre, j’aime beaucoup l’actrice Meryl  Streep, particulièrement dans Out of Africa où elle tient le rôle de Karen Blixen : « J’avais une ferme en Afrique… ». Le titre et la 4ème de couverture de ce livre ne pouvaient alors que m’interpeller, mais je garde néanmoins une impression mitigée de ma lecture.
Mon avis
J’ai aimé l’excitation qui règne à la perspective de chacune des soirées ciné de Lolly. Mais j’ai trouvé que les comparaisons établies par l’auteur entre les situations que rencontrent ses 4 héroïnes et celles jouées par Meryl Streep dans  ses différents films sont un peu tirées par les cheveux, voire même parfois inappropriées avec peu de rapport entre elles.

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Le Châle de cachemire traduit par Marie-Axelle de La Rochefoucauld

Le chale de cachemire1 1 2J’ai déjà déposé un article sur Le Châle de cachemire dont je viens de relire les quelques 660 pages pour mieux en apprécier la finesse. Malgré la guerre, les attentats, la pauvreté, ce livre est décidemment une perle ! L’histoire, le rythme, les paysages, les personnages et le style frôlent la perfection. Je me dois de féliciter ici Marie-Axelle de La Rochefoucauld qui a traduit en français toutes ces pages écrites par Rosie Thomas en anglais pour, à travers les mots justes, nous immerger aussi bien au Pays de Galles qu’en Suisse ou en Inde et nous narrer cette incroyable quète d'identité.