Compagnons d'un jour

Mon avis de lectrice sur quelques livres au gré de mes envies.

Le secret de la manufacture de chausssettes inusables de Annie Barrows - Nil éditions

Cvt le secret de la manufacture de chaussettes inusabl 1640 1J’ai aimé le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, ce qui m’a encouragé à lire ce pavé de plus de 600 pages. Malgré une trop grande lenteur dans la progression de l’histoire (à l’instar de la moiteur de cet été 1938), j’ai également aimé ce livre au titre en français non moins farfelu ayant peu de rapport avec l’intrigue. J’ai aimé la singularité des 3 narratrices. J’ai aimé Willa, petite fille espiègle, tantôt marrante, tantôt touchante. Jottie, cruellement atteinte dans sa jeunesse mais maman si dévouée pour ses nièces. Layla, riche citadine qui au fil des jours et de ses écrits - lettres et écriture d'un livre historique - va évoluer et savoir s’imposer dans une vie provinciale. J’ai aimé que ce secret tourne autour de liens indéfectibles de l’enfance et de l’adolescence.

Sur la forme, j’ai pu retrouver par moments mes favoris échanges épistolaires (entre Layla et sa famille). En revanche, je me suis parfois perdue dans le dédale des personnages de cette ville dont l’histoire est peu intéressante (celle de l'époque de la Grande Dépression, l'est plus, via le Federal Writer's Project).

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La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel - Ed. Stock

9782234057746 t 0 1Pas besoin de connaître le pays que quitte Monsieur Linh (Vietnam, Chine ?) ni celui où il se réfugie (France, États-Unis ?) pour ressentir toutes les émotions qu’appellent la guerre, l’immigration, l’isolement, le vieillissement, l’internement ou la filiation…

Malgré l’absence de dialogue (Monsieur Linh ne parle pas la langue de son pays d’accueil), une rédaction au présent et une utilisation tout en finesse de mots simples rendent le récit fort et vivant, les situations et les lieux, bien réels. Lorsque Monsieur Linh câline et protège sa petite fille, j’ai senti l’odeur du bébé et de l’Asie. Lorsqu’il se lie d’amitié avec Monsieur Bark, j’ai inspiré des bouffées de tabac mentholé dans un Occident fade et sans saveur ! La fin est magistrale.

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Un homme à distance de Katherine Pancol - Ed. Albin Michel

9782226131379m 1Après les hypokhâgne et  khâgne de Jean-Philippe Blondel qui m’ont émue, me voici revenue à l’épistolaire qui m’a bouleversée !
Je n’aime pas faire les courses d’alimentation ; alors pour égayer un peu ce moment-là, je m’attarde de temps en temps au rayon des livres situé dès l’entrée du supermarché. Dans la partie « Livres de poche » on y trouve quelques petits paquets classés par auteur contemporain.  Il y a bien le paquet « Eric-Emmanuel Schmitt » mais je les ai déjà tous lus. Quant au paquet « Katherine Pancol » avec ses crocodiles, ses tortues et ses écureuils, il ne m’a jamais réellement attirée, allez savoir pourquoi, peut-être à cause des titres, du graphisme des couvertures, du nombre de pages prohibitif si la lecture ne me plait pas ? Et puis, il y a ce petit solitaire à 3 francs, 6 sous, tout en haut du présentoir : un livre à distance qui n’attend que moi.
Des lettres, en tout 150 pages, une librairie, des livres : je ne prends pas grand risque ! Et sans le savoir, je me réserve 3 petites heures de pur bonheur qui vont me prendre aux tripes ! Tout commence avec les livres que Kay et Jonathan aiment et dont la liste figure en fin d’ouvrage comme un lexique. Ça continue avec l’authentique métier de libraire et l’investissement qu’il demande à Kay ainsi qu’avec le travail commercial de Jonathan dans l’écriture de guides touristiques. Et ça finit par l’explosion de cette histoire d’amour atypique cachée à travers les lignes. Comment oserais-je dire maintenant que Katherine Pancol ne gagne pas à être lue ?

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Un hiver à Paris de Jean-Philippe Blondel - Ed. Buchet-Chastel

9782283026946 b7615 1Ce livre m’a été offert pour mon anniversaire par mon amie d’enfance sur les conseils d’une de ses amies. Je ne connaissais pas Jean-Philippe Blondel, ce fut pour moi une belle découverte. Tout l’intérêt de ce roman est de montrer qu’après tout un cheminement, l’écriture de Victor à partir de sa région natale s’avère un choix salvateur pour construire sa vie après 2 années de souffrance et de faux semblant passées dans la capitale. Chargée de sentiments, d’imaginaire et de poésie, cette écriture-là (autobiographique, semble-t-il) m’a touchée et m’a transportée presque d’un seul trait dans la démarche littéraire de l’écrivain. Et pour être tout-à-fait honnête, j’ai revu à ce moment-là Romain Duris claquer la porte du ministère de l’Auberge Espagnole pour courir vers son besoin irrépressible d’écrire.

Mais dans le même ordre d’idées  – celui de l’enfer des classes de prépa qui peut conduire au suicide -  je n’ai pu m’éviter la comparaison avec « N’oubliez pas de vivre », premier roman de Thibaut de Saint Pol - 22 ans en 2004 -, chartripontain de naissance (de Jouars-Pontchartrain). Un hiver à Paris m’a émue, n’oubliez pas de vivre m’a indisposée. Comparaison des 2 livres : classes-prepa.pdf

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Entre mes mains le bonheur se faufile d'Agnès Martin-Lugand - Ed. Michel Lafon

Entre mes mains le bonheur se faufile poster 1Je n’avais pas encore lu du Martin-Lugand. Séduite par les mots comme : faufile, drapés, couture, machine à coudre ou encore de fil en aiguille, je m’imaginais en lisant m’entourer de toutes les ficelles du métier de couturière. Je suis un peu déçue d’avoir pénétré ici le monde subversif de la mode dominé par le faste et l’argent sans qu’il m’entraine sur les ressorts de la couture. J’ai ressenti le même type de frustration à la sortie du film YSL de Jalil Lespert qui insiste bien plus sur les scènes de débauche que sur celles de la créativité du styliste. Je m’abstiendrai de donner un avis sur le 2ème film YSL de Bertrand Bonello, ne l’ayant pas vu !
Pour revenir à Agnès Martin-Lugand, sa lecture est néanmoins aisée.

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L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes de Karine Lambert - Ed. Michel Lafon

L immeuble des femmes qui ont renonce aux hommes poster 1J’ai découvert avec beaucoup d’enthousiasme en novembre 2014 la BD « Fenêtres sur rue » de Pascal Rabaté. La couverture du livre de Karine Lambert m’a de suite rappelé cette BD qui pénètre dans l’intimité d'appartements.
Le lecteur devient progressivement locataire de l’immeuble parmi les 5 héroïnes du roman et finit par s’inviter au dîner du dimanche soir chez La Reine !
4 passés de femmes à la fois romantiques, douloureux, tristes et drôles et 1 intruse qui remet
en question les règles de vie établies dans l’immeuble. 1 chat, seul homme de la maison qui attire toutes les attentions de ces femmes. Une critique sans concession des sites de rencontres virtuels.
Une écriture rythmée et pleine de poésie. Un petit bijou, tant dans l’histoire que dans le style.

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Je voyage seule de Samuel Bjork - France Loisirs

Je voyage seule 1Meurtres en série de petites filles en Norvège. Le titre et la couverture sont prometteurs.
Un thriller complexe de par le nombre de protagonistes et simple à la fois de par le mobile. Le suspense est bien entretenu mais la fin est un peu décevante après 600 pages de pérégrinations et de coïncidences un peu faciles.
L’écriture est directe et percutante. Rien d’original dans la forme et la mise en pages.

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Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles de Suzanne Hayes et Loretta Nyhan - Ed. Belfond

9782714454157 1Plus je lis de romans épistolaires, plus je les apprécie ! J’ai d’autant mieux apprécié celui-ci que la rencontre des 2 héroïnes du livre à travers leur correspondance découle directement de la rencontre des 2 auteures à travers les billets de leur blog ! J’aimerais tellement pouvoir reproduire ce type de schéma dans l’écriture !

Les lettres de Glory et de Rita sont une compilation de sensibilité et de courage : une leçon de vie, en somme ! Le rationnement, la participation à l’effort de guerre en 39-45, l’attente et les doutes, l’angoisse des télégrammes, tout va sceller une amitié indéfectible entre ces 2 femmes de milieux et d’âge différents à des milliers de kilomètres aux États-Unis. C’est beau, on rit, on goûte, on pleure, on continue à vivre malgré l’horrible guerre et j’ai forcément pensé à mes parents …

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13, rue Thérèse de Elena Mauli Shapiro - Ed. Michel Lafon

13 rue therese poster 1Attirée par les première et quatrième de couverture « épistolaires », ce livre est entré dans ma bibliothèque dès sa sortie en 2012.  Ma première lecture ne m’a pas déplue mais ne m’a pas pour autant  transcendée ! Puis, ayant besoin de faire un peu de place, 13 rue Thérèse  est à nouveau tombé entre mes mains 3 ans plus tard et je l’ai cette fois dévoré.
Est-ce parce que je venais de travailler également à l’aide d’une boîte à souvenirs, celle de mes parents, pour réaliser ma dernière trilogie ? Probablement que les mêmes  photos et lettres jaunies ainsi que les mêmes gants crochetés m’ont interpellée. Mais Trévor nous embarque dans un tel dédale de blessures de la guerre de 14-18 et de désir charnel que l’on finit pas ne plus savoir qui est qui : l’inattendu nous saisit à chaque détour d’une écriture belle, poétique et percutante à la fois.
Pour finir, l’insertion dans le texte des objets trouvés dans la boîte est un bonheur !

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La mémoire assassine de Simone van der Vlugt - Ed. Presses de la Cité

9782258077348 1Ce livre est arrivé entre mes mains un peu par hasard. Pour son premier thriller, elle fait fort !
Un décor de polder à couper le souffle, des trajets à l’aide de la traditionnelle bicyclette ou du tram, des champs de fleurs : nous sommes bien aux Pays-Bas, au Helder, même si la vie citadine de Sabine  peut se dérouler dans n’importe quelle métropole. Bien au-delà du fonctionnement de sa mémoire sélective, c’est le harcèlement en milieu scolaire et sur le lieu du travail, avec ses conséquences désastreuses sur la victime, qui est largement abordé ici au travers des personnages.  Personnages que l’on soupçonne un à un au fil de la lecture dans la quête de Sabine pour chercher la cause de la disparition de son amie d’enfance jusqu’au dénouement final auquel nous avons bien du mal à croire ! Histoire rondement menée.

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