Victoria Hislop

Une dernière danse de Victoria Hislop - Ed. Les Escales

La dernière danseAprès Chypre et Crète, voici le tour de l’Espagne et mon engouement ne va qu’en s’accroissant !
Sur la forme
La construction est similaire aux oubliés de la Crète : jeune femme anglaise sur le point de quitter son compagnon et allant, sans s’en douter, à la découverte de ses origines, avec une large partie centrale consacrée à celles-ci.
Sur le fond
Alors que je savais les horreurs, je n’ai jamais tant appris sur la guerre d’Espagne et les divisions qu’elle a pu engendrer au sein même des familles ! Le camp de réfugiés établi sur la côte française sud m’a fait penser à l’actuelle jungle du nord de la France, impliquant également l'Europe, 80 ans plus tard !
Les nombreuses descriptions de musique et de danse, notamment flamenca et flamenco nous transportent d’abord dans l’allégresse puis nous font ensuite presque oublier la guerre et le Franchisme. Les atmosphères des rues et des bars de Grenade sont excellemment bien rendues. Mercedes et Javier sont magnifiques.

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L'île des oubliés de Victoria Hislop - Ed. Les Escales

9782253161677 001 t 1Ma dernière lecture de la Ville orpheline du même auteur m’a conduite à celle-ci pour laquelle les critiques étaient meilleures. Effectivement, le romanesque y est bien plus habilement manié, du moins dans les 90% de l’histoire (60 premières années du 20ème siècle). Le personnage de Maria est plus particulièrement attachant. En revanche, j’ai trouvé que les interrogations amoureuses d’Alexis ainsi que son métier d’archéologue sur lesquels reposent le début et la fin du livre ont peu à voir avec son fil conducteur.

J’ai aimé toute la partie qui traite de l’île de Spinalonga, des relations humaines qui s’y développent en autarcie et des informations médicales données sur la lèpre et sur lesquelles je ne m’étais jamais attardée.  Ce roman permet de comprendre ce que pouvaient être nos hameaux français encore appelés des maladreries : quartiers de la honte réservés aux lépreux.

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La ville orpheline de Victoria Hislop - Ed. Les Escales

9782253194422 001 t 1L’avis sur ce livre peut être très contrasté suivant l’angle sous lequel on l’aborde.
Sous l’angle romanesque
Avec un début trop long dans l’opulence d’un grand hôtel chypriote, on ne s’attache pas aux personnages tous plus narcissiques et pollués par l’argent les uns que les autres dans un univers de luxe hors de la vraie vie. Puis subitement, peu de temps avant le conflit greco – turc, une liaison s’instaure entre deux protagonistes – concurrents dans les affaires - la femme du propriétaire de l’hôtel, délaissée par son mari et son bras droit, brillant responsable du night-club de l’hôtel-. La narration est sans émotion sur cette liaison qui se trouve vite abrégée par le conflit.
Sous l’angle historique
Si l’on considère l’ancienne station balnéaire de Famagouste (nec plus ultra des années 70 en Méditerranée) et sa population (grecs orthodoxes et turcs musulmans vivant en parfaite harmonie) comme personnage principal, alors l’auteur réussit à nous attendrir sur l’état désastreux dans lequel le conflit conduit la ville à un statut de no’-mans land, malheureusement encore d’actualité en 2016. L’entraide entre les 2 communautés chypriotes est bien rendue, la coupure de l’île en 2 parties et les conséquences de la guerre civile également : pillage, trafic, faim, cruauté des militaires…

Finalement malgré une histoire médiocre, j’ai beaucoup appris sur ce pan d’histoire. Je compatis à la tristesse que l’on peut ressentir devant cette ville située dans un cadre idyllique mais abandonnée et interdite d’accès par l’armée turque.
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